Premiers vœux Novices OMI  Ngaoundéré
8 Septembre 2012

Photo famille Novices OMI

(Article: Père Charles EKO, omi)

Evénement de Bamyanga

Le 8 septembre de chaque année devient de plus en plus une date que l’on garde en mémoire dans la paroisse Saint Joseph de Bamyanga (Diocèse de Ngaoundéré) et qu’on appelle vivement car c’est généralement à cette date que les novices Oblats font leur première profession religieuse dans la Congrégation.

Procession Prêtres Messe Voeux NovicesCette année n’a pas dérogé à la règle. Les préparatifs commencés des semaines à l’avance ont connu leur apothéose ce jour de samedi, 8 septembre 2012. Même le climat était de la fête à travers un soleil radieux qui nous faisait oublier la pluie de la veille. C’est à 9h15 minutes que la foule immense de religieux, religieuses, amis, familles et autres invités va entonner le chant d’entrée qui débute la cérémonie et qui a pour célébrant principal le Père Raymond Pierre NANI, supérieur Provincial de la Province du Cameroun. Nous comptons 12 prêtres, 2 diacres, et des grands séminaristes dans la procession d’entrée.

L’introduction de la célébration se fera avec la bénédiction de la statue de la Vierge dédiée à Notre Dame de la Paix qui sera placée à la grotte aménagée au sein de la paroisse.

Dans son mot d’accueil, le père maître des novices, Vincent UKOMA va souhaiter la bienvenue à toutes les personnes rassemblées dans l’église paroissiale et va remercier le Provincial de sa présence et le curé de la paroisse, l’abbé Célestin ETHO, et son vicaire, l’abbé Antoine SIDDIBE, pour l’accueil et l’organisation dont nous les Oblats bénéficions à chaque fois que nous avons un évènement dans la paroisse.

A l’appel de son nom, chaque novice répondait « Me voici ». Comme autrefois le jeune Samuel, éclairé par le prêtre Elie a su dire « oui » au Seigneur (cf. 1 Samuel 3), ce 8 septembre 2012 :

  1. Novices omi procession premiers voeuxDJORWE Pascal (Cameroun)
  2. EZENWAOMA Ugochukwu Augustine (Nigeria)
  3. OGBUZUO Chijike Batholomew (Nigeria)
  4. OKAFOR John Mark (Nigeria)
  5. TIMTIM Hermann (Cameroun)
  6. TOUANI Djomeni Franck (Cameroun)
  7. SEME Martin Anicet (Cameroun)
  8. UJU Ugochukwu Mark (Nigeria)
  9. FAYE Jean Pierre (Sénégal)
  10. GUEYE Jean Noël (Sénégal)
  11. SENE Samba Pierre (Sénégal)

ont répondu « oui » à l’appel que Dieu leur adresse par l’Eglise. Chacun d’eux s’est engagé à suivre le Seigneur jusqu’au bout.

L’homélie sera faite par le père Noël DOOLALILA prédicateur de la retraite d’admission aux premiers vœux. (L’intégralité de l’homélie)

Homélie

« Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un Fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : «Dieu-avec-nous ».

Prêtres concélébrants Profession religieuse omiBien aimés du Seigneur, la liturgie d’aujourd’hui nous donne des raisons de nous réjouir parce que nous fêtons notre Mère, la Vierge Marie mais aussi parce que comme Marie, certains de nos frères vont s’engager à la suite du Christ par les vœux de religion.

Le texte de Matthieu [1, 1-23] qui relate la généalogie de  Jésus est d’une importance sans pareil pour la liturgie d’aujourd’hui. Le passage de l’Evangile que nous venons d’écouter commence et se termine avec le nom de Jésus. Dans la lecture de la généalogie, il ressort 3 groupes de 14 personnes citées. Ceci équivaut à 6 fois 7. Nous allons faire un peu les maths. 6x7=42. Le chiffre 7 va donc symboliser la perfection, donc Dieu. Le chiffre 6 c’est l’homme qui n’a pas encore atteint la perfection. L’histoire humaine est seulement 6, 7 fois. Manque de perfection, perfection non atteinte. Cette histoire humaine 7, 7 fois, atteint pour ainsi dire la perfection avec Jésus, le Fils qui inaugure donc une nouvelle génération de frères et sœurs. Le Fils de David sera non seulement le Messie promis mais le même Seigneur qui promet. Joseph, nom qui signifie « que Dieu ajoute » en hébreux entre dans la genèse du Fils de Dieu à travers l’acte de foi et c’est par cet acte de foi que nous nous tournons aussi vers Dieu. Dans la généalogie de Jésus que donne Mathieu, on est tenté de la compléter quant à son début et la fin. On peut ajouter Dieu qui par la foi est le père d’Abraham et on peut aussi ajouter chacun de nous quand lorsqu’en l’accueillant, en accueillant son Fils Jésus, nous devenons fils et filles de Dieu. La première à l’accueillir, c’est donc Marie et Lorsque Joseph se réveille de son sommeil, il va donc ouvrir son cœur et ses mains pour accueillir aussi le don de Dieu qui est Jésus.

Novices omi processionNos frères qui vont s’engager par les vœux à consacrer leur vie à Dieu ont aussi accueilli comme Joseph ce Dieu qui se fait don à chacun de nous. Ils voudraient donc comme Marie, la première des croyants que la Parole, le Verbe se fasse chair en chacun d’eux. Mais la question demeure qui est celle : Pourquoi devient-on religieux dans un monde habité aujourd’hui par la technique et la technologie et qui de surcroit tend à délaisser Dieu ? Un oblat écrivait :

Pour les parents, les amis, les connaissances, la famille étendue, le clan, le village, la tribu, etc., c'est d'abord l'honneur d’avoir un fils, un frère, un ami religieux (...) Alors des rêves, grands ou petits, sont au rendez-vous. Pour qui a une maison inachevée en durable, le maçon est arrivé. J'ai des projets d'études, le donateur de Bourses s'est rendu visible. Je suis une vieille femme, il ne me sera plus difficile d'obtenir un grain de sel (...) On s'est endetté, il faut rembourser. On n'a plus rien pour envoyer des enfants à l'école, il est là. Le prêtre, en chef coutumier, doit régler les palabres personnelles, familiales, claniques et même tribales (...) Combien de temps cela durera encore?

Si telle est la réalité vécue dans la conscience des religieux africains, n'avons-nous pas intérêt à nous interroger sur les motivations réelles et le profil du religieux africain du troisième millénaire ? Le religieux africain fera-t-il preuve de maturité ? Saura-t-il harmoniser l'Evangile, le charisme et la mentalité africaine ? Vivra-t-il en perpétuel revendicateur de droits abstraits ? Réussira-t-il à se prendre en charge ? Se sentira-t-il encore “locataire” chez les “gros propriétaires” de la congrégation à laquelle il appartient pourtant de plein droit ? Autant de questions qu'on peut se poser et qu'on se pose effectivement aujourd'hui.

Il  ne s’agit cependant pas de se lamenter et de se résigner. Mais de reconnaître que si la Bonne Nouvelle est parvenue jusqu’à nous, elle nous a atteint tels que nous sommes. Il ne s’agit donc pas de se voiler le visage mais d’appeler le chat par son nom.

Dans ce monde de technique, la vie de nos contemporains semble parfois ne pas avoir de repère, d’étoile qui nous guide.  C’est la réalité de notre société. Ce que dit Victor Delbos semble être vrai, à savoir : « Englué dans la société de consommation, mécanisé par la technique, obsédé par le souci de rendement, esclave de l’image et des médias, l’homme aujourd’hui semble vivre dans l’oppression.» L’homme s’épanouit dans l’artificiel, avec ses nouveaux compagnons que sont les appareils, les objets techniques, les gadgets, les toilettes de luxe et les jeux. L’homme aujourd’hui est l’être qui consomme, qu’on fait consommer et même qu’on peut consommer. L’homme est devenu un être techniquement et technologiquement possible, une valeur marchande. C’est l’ère du consensus. On ne sait plus ce qu’est la vérité. Le « ça dépend » gagne de terrain. La vérité est devenue le consensus, i. e. il suffit tout simplement de se mettre d’accord et le tour est joué. Y-a-t-il encore une place pour le divin ? Où se trouve alors notre étoile ? Qu’est-ce qui dirige notre vie ? Voilà brossé brièvement brossées les angoisses et les inquiétudes de notre société que les religieux sont appelés à servir.

Novices omi NgaoundéréMes frères qui allez bientôt faire vos vœux, on a toujours dit que la consécration religieuse est le prolongement de la consécration baptismale. Pourquoi ? Comme Marie et son fiat, il s’agit pour vous à travers les vœux de vivre votre baptême jusqu’au bout des doigts dans l’écoute symbolisé par le l’auriculaire, dans la charité symbolisé par l’annulaire, tout en tout donnant votre temps à Dieu symbolisé par le doigt du majeur, lui, Dieu seul capable pouvant donner sens et direction à votre vie symbolisé par l’index. C’est là la vie religieuse jusqu’au bout des doigts. Tout ceci dans une spiritualité chrétienne symbolisé par le pouce. Une spiritualité qui est élevée parce que touchant la Trinité mais aussi incarnée parce que touchant votre vie humaine et quotidienne. Cette vie baptismale vécue dans la plénitude de la consécration religieuse, saint Eugène de Mazenod le souligne dans la Préface des CCRR lorsqu’il écrit :

Les oblats doivent renoncer entièrement à eux-mêmes. Ils doivent se renouveler sans cesse dans l’esprit de leur vocation, vivre dans un état habituel d’abnégation et dans une volonté constante d’arriver à la perfection, en travaillant sans relâche à devenir humbles, doux, obéissant, amateurs de la pauvreté, pénitents, mortifiés, détachés du monde et des parents, pleins de zèle, prêts à sacrifier leur talents, leurs biens, leur repos, leur personne pour l’amour de Jésus Christ, le service de l’Eglise et la sanctification du prochain.

Frères, je termine en vous faisant un cadeau que vous emporterez avec vous. Il s’agit de trois valises. Ne vous inquiétez [pas], on ne les mettra pas au fourgon lorsque vous serez à la gare. Le contenu de la première valise, c’est la patience, la deuxième, c’est la patience et la troisième, c’est encore la patience. Il s’agit de la valise de la patience envers Dieu, de la patience envers les autres et de la patience envers vous-mêmes. Loué soit JC. » [Père Noël DOOLALILA, omi]

Profession religieuse

Novices omi en soutanesAprès ce bon partage de la Parole, vient le moment tant attendu. Les futurs profès vont s’avancer pour émettre leurs vœux, signer leurs formulaires, recevoir leur tenue de religieux, le livre de vie (CCRR), la croix oblate et l’accolade des ainés. 

La cérémonie qui se voulait riche en couleurs était soutenue par le chœur paroissial de la paroisse saint Joseph de Bamyanga et les novices entrants.

Dans son mot d’envoi en mission, le père Provincial va dire à ses jeunes confrères qu’ils sont envoyés à Scolasticat Yves Plumey de Yaoundé pour des études de philosophie, pour certains, et de théologie, pour d’autres. Qu’il y’ait continuité dans ce qu’ils ont appris et vécu au noviciat. Car le danger c’est de croire que fini le noviciat, l’on peut tout se permettre au point de compromettre sa vie de religieux oblat. (Mot du Provincial intégralement)

Noviciat omi NgaoundéréC’est au noviciat Joseph Gérard que les Oblats et leurs invités vont se retrouver pour des agapes fraternelles. Il y’a lieu de souligner et d’apprécier à sa juste valeur la présence de nos anciens du CMO et surtout des prêtres diocésains de la ville. Les pères oblats comme Felix NJOKU de Meiganga, Jean Marie NKENGUE, Joseph CHIAMBOM de Léré au Tchad, et Charles EKO de Douala étaient là pour soutenir leurs jeunes confrères. Etait aussi noté la présence du père Abraham HAMAN nouveau socius du noviciat et économe, qui à l’occasion faisait son baptême de feu.

Dans la soirée, un repas d’au revoir agrémenté d’attractions diverses (chants, danses, sketchs et autres histoires) a réuni la communauté du noviciat, les jeunes profès, le Provincial et les confrères encore présents dans la ville. Nous avons pu apprécier la joie, la créativité et le savoir faire de nos novices. Vivement le 8 septembre 2013.

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Mot du Provincial à l’occasion des 1ers Vœux des novices
Ngaoundéré 8 septembre 2012

Autel église saint Joseph Bamyanga

L’engagement de ce jour est le motif que sanctionne une année de noviciat durant laquelle vous avez appris à faire nôtre la Règle de vie des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée dont vous êtes dès ce jour membres par la profession des conseils évangéliques.

Une année est écoulée depuis que le père maître a bien voulu vous réconforter par son expérience de la vie oblate. Vous avez approfondi la connaissance de notre Congrégation. Merci au père maître et à toute l’équipe des formateurs.

Provincial Raymond NaniQuel choix faire de sa propre vie ? Nous, religieux, qui sommes-nous et quelle est notre vocation dans l’Eglise ? La réponse à cette question est importante. Etre quelqu’un, c’est être capable de prendre des décisions d’importance au sujet de sa propre vie. Paul écrit aux Corinthiens : « Il est fidèle, le Dieu qui vous a appelés à la communion de son Fils Jésus Christ notre Seigneur » (1 Corinthiens 1, 9). Ce que je voudrais vous suggérer ce matin, c’est que la vie religieuse est une manière particulière et radicale de dire oui à l’appel du Seigneur.

Le jeune homme riche demande à Jésus « Que me reste-t-il à faire ? » Jésus lui dit « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Et puis viens, et suis-moi. Entendant cela, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands bien » (Matthieu 19, 20-22). Nous abandonnons bien des choses qui donnent une identité aux êtres humains dans notre monde : argent, statut social, partenaire dans le mariage, carrière etc. Le religieux est une personne détachée et libérée du fardeau d’avoir une carrière. Je suis religieux et ne pourrai jamais être autre chose.

Ce qu’on appelle vœux correspond à l’engagement de certains chrétiens à « suivre le Christ » et à lui ressembler en étant comme Lui pauvre, chaste et obéissant. Les vœux sont la réponse à un appel à être pauvre, chaste et obéissant plus le quatrième vœu qui est propre aux Oblats la persévérance.

Chers petits frères, vous êtes conscients de la grâce que le Seigneur vous fait en vous appelant à vous Nouveaux Profès omiconsacrer à Lui. La Congrégation qui vous accueille aujourd’hui compte beaucoup sur votre témoignage de vie consacrée.  Il faut avoir la psychologie de quelqu’un qui a déjà fait son choix et dont le cœur est fixé sur Dieu, sur Jésus Christ. Plus l’Oblat est fixé sur Jésus Christ, plus il sera bon missionnaire, homme intérieur capable de d’aller partout jusqu’aux extrémités du monde et dans les milieux les plus difficiles, sans dangers pour lui-même et avec toutes les chances d’accomplir efficacement l’œuvre de Dieu.

Avant de terminer, j’aimerais rendre un vibrant hommage à Mgr Yves Plumey et le remercier de l’exemple de courage, de confiance et de zèle qu’il à donné à la Congrégation.

A tous je dis merci, heureuse fête. Que la Vierge Marie, Mère du Sauveur, nous aide à raviver la grâce missionnaire qui est en nous. Puisse la Vierge Immaculée, Mère du Verbe Incarné et Mère des Oblats nous aider à comprendre de mieux en mieux ce que nous sommes et à l’être fidèlement dans le monde d’aujourd’hui. [Père Raymond NANI, omi]

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