Evêché N'Gaoundéré


B.P. 513 N'Gaoundéré, Diocèse de N'Gaoundéré

Douala | Doukoula | Figuil | Garoua | Maison YvesPlumey | Maroua | Mokolo | Ngaoundéré |
Nigeria | Oliga | Tchad | Touroua


OMI ancien Evêché de Ngaoundéré

Ordination épiscopale Monseigneur Joseph Djida

(Père Pierre BALLIERE, OMI)

Annonce à Garoua de la nomination

Mgr Joseph DjidaCourant janvier, Monseigneur Antoine NTALOU, Archevêque de Garoua, fit une invitation générale à l’Evêché, sans aucune précision. Pères et Sœurs étaient tous là, se demandant bien le motif de cette convocation. Prenant la parole, Mgr nous annonça solennellement les deux nominations épiscopales de Batouri et de N’Gaoundéré. La surprise fut totale !... Un petit moment de stupéfaction laissa rapidement la place à la joie et aux félicitations.

Nous regardions le Père Joseph Djida comme notre Provincial, surtout pour nous qui vivions avec lui à Garoua, et brusquement il y avait quelque chose de changé dans notre regard, les relations de Provincial à Oblats étaient terminées, il y avait comme une sorte de rupture ; mais mieux valait se réjouir en ce jour, de sa nomination de Pasteur de N’Gaoundéré que de pleurer la disparition du Provincial.

La consécration épiscopale

C’était le Dimanche 25 Février à 9h00, Place l’indépendance de N’Gaoundéré, mais dès le Vendredi et le Samedi, les départs s’organisaient de la Procure de Garoua. Pala, Moundou, Kelo, Nord et Extrême-Nord, Prêtres, Sœurs, Séminaristes, Laïcs, Garoua était devenu pour un moment une véritable plaque tournante où chacun cherchait une occasion pour se rendre à N’Gaoundéré.

Atta, Banyo, Meiganga, Djohong, Tignere, Tibati, Alme, tout le Diocèse de N’Gaoundéré convergeait vers la capitale de l’Adamaoua. Yaoundé, Douala, tous les amis du P. Joseph et les anciens du collège de Mazenod, les Evêques du Cameroun, tous arrivaient par avion spécial. Une fièvre s’emparait de N’Gaoundéré, brusquement la ville s’agitait dans l’effervescence, on percevait que l’évènement devenait national : représentant du Chef de l’Etat, ministres, Gouverneurs, Préfets, Sous-préfets, Lamibés de différentes juridictions, et au fur et à mesure que la cérémonie se déroulera, elle pendra comme une couleur, je dirai comme une couleur œcuménique. Monseigneur Joseph Djida s’est adressé à tous en Gbaya, en Français, en Anglais, en Fufuldé, provoquant chaque fois des applaudissements très nourris.

Pasteurs protestants, représentants des anciens du collège de Mazenod, Président d’une association culturelle de l’Adamaoua, Prêtres, Sœurs, Séminaristes, Laïcs, tous ont pris la parole pour dire leur attachement et la promesse d’une collaboration toute dévouée. Un pasteur européen, Mr le Professeur CHRISTIANSEN, grand spécialiste de la langue Gbaya, fit une adresse à Mgr Joseph Djida en langue gbaya. Ce fut rires et joies pour tous. Parler la langue, c’est bien et même très bien, mais parler le gbaya avec toute la culture, l’esprit et la finesse de la mentalité gbaya, cela, notre vénéré Professeur a su l’exprimer parfaitement, il suffisait de regarder la joie de l’auditoire, y compris dans les yeux des Pères Pierre Bodénès et Yves Blanchard, suspendus aux lèvres de notre spécialiste.

Un autre moment très fort fut quand Mgr remercia sa maman musulmane. Là, les tribunes se sont ébranlées sous les applaudissements, les youyous, les cris de joie. Une grande valeur à ne pas manquer de prendre en compte.

La cérémonie liturgique

A 9h00, le long cortège de procession d’entrée se pointait devant les tribunes de la place de l’Indépendance. Enfants de chœur, jeunes gens, jeunes filles, tous enveloppés de pagnes traditionnels, suivis du long cortège des séminaristes, des 150 prêtres venus de tous les coins du Cameroun, du Tchad et du Nigeria, de tous les évêques du Cameroun, de l’Evêque de Pala, Mgr Jean-Claude BOUCHARD, omi, des Evêques consécrateurs : Mgr le Nonce Apostolique de Yaoundé, de Mgr Eugeniusz JURETZKO, omi, et de Mgr l’Archevêque de Garoua, Mgr Antoine NTALOU, enfin de Mgr Joseph DJIDA, tout de violet déjà vêtu. L’entrée étant très impressionnante, le silence s’est fait de lui-même, tout naturellement.

Dès l’ouverture, l’Evêque consécrateur a demandé la lecture de la lettre du Pape, nommant le P. Joseph Djida, Evêque de N’Gaoundéré. La lecture terminée, tout le monde a applaudi, crié de joie, comme si la consécration était terminée, mais le P. Joseph n’était pas encore consacré, il nous fallait patienter encore 4 heures !

Après l’homélie, le dialogue s’est engagé entre l’évêque consécrateur principal et Mgr Joseph qui a répondu par neuf fois d’une voix très ferme, dans un micro qui relayait parfaitement la répnse : « Oui, je le veux ». Chaque fois, un groupe de l’assistance, au loin, très loin, ponctuait chaque réponse de « You-You » et de battements de tam-tam effrénés. Nul doute que ce groupe de fidèles devait être très proche de notre futur évêque.

A la litanie des Saints, quand le futur évêque s’étend de tout son long sur un beau tapis, tout le monde est saisi, l’assistance sent vraiment que tout le ciel est là et intervient dans la prière. Notons pour la petite histoire que pas un photographe ne peut manquer ce cliché, c’est la nuée absolue de tous les appareils qui s’abat sur le « gisant » et pourtant c’est quand l’Evêque consacré se relève qu’il semble encore plus grand, qu’il fait partie déjà d’un autre monde, celui du ciel, quand tous les 26 évêques viennent lui imposer les mains, qu’ils les gardent bien étendues sur le futur évêque, tandis que l’Evêque consécrateur principal achève la préface consécratoire, là personne ne peut douter qu’entre le ciel et la terre, il se passe quelque chose de réel et de mystérieux, qu’aucun cliché de photo ne peut traduire et quand la voix ferme du P. Alexis Atangana conclut à toute l’assistance : « Et maintenant Joseph Djida est Evêque », elle déclenche immédiatement dans l’Assemblée une manifestation de joie intense : personne ne s’y trompe.

Rites complémentaires

Dans les rites complémentaires : remise de la croix pectorale, de l’anneau et du calice, il a été annoncé que ces trois objets appartenaient à Mgr Yves Plumey, Archevêque Emérite de Garoua, lâchement assassiné le 3 septembre 1991. Restaurés, Monseigneur Joseph Djida les portera comme le fils, digne successeur de son « père ».

Dans son mot de présentation du Diocèse de N’Gaoundéré, Mgr Jean Pasquier n’a pas manqué de souligner cet événement tragique et de préciser que, jusqu’à ce jour, on ne connaissait toujours pas le nom des assassins.

La cérémonie achevée, Mgr Joseph Djida et les évêques s’en sont allés saluer représentant du Président de la République, ministres, autorités administratives, religieuses et militaires, tandis qu’un groupe de fillettes gbayas exécutait chants et danses avec le plus grand des sérieux, une véritable lituregie pour elles… de véritables jeunes professionnelles !...

Source : ENTRE-NOUS (An 2001) N° 141 – 13

Nouvel évêché de Ngaoundéré

Haut

© Août 2012 Omicameroun.com: Site officiel des missionnaires O.M.I. - Province du Cameroun - Webmaster Contact