Fondation de la Mission de Maroua


Première église catholique Maroua


Source d’information: Yves PLUMEY o.m.i., Mission Tchad-Cameroun. L’annonce de l’Evangile au Nord-Cameroun et au mayo Kebbi 1946-1986, Editions Oblates, Italie 1990, pages 305-307.

La fondation d’une Mission à Maroua ne pouvait être réalisée en 1947. Le personnel dont disposait la jeune Préfecture Apostolique était déjà réparti dans les premiers postes qui s’organisaient dans des conditions difficiles. Mais, il était bien évident que la grande ville de l’extrême-Nord, Maroua, recevrait bientôt des missionnaires. Les premiers missionnaires installés à Mokoo, à 75 kilomètres de Maroua, les Pères Albert JUILLE et Gabriel RENAULT, en portaient le souci. Lors des grandes fêtes liturgiques de l’année, le Père RENAULT se rendait à Maroua pour visiter le petit groupe de chrétiens présents dans cette grande cité où dominent les Foulbé. En saison des pluies, la piste était souvent coupée par les pluies torrentielles, le Père se rendait à Maroua à cheval.

Le 11 novembre 1946, le responsable de la Mission du Tchad-Cameroun s’était trouvé à Maroua et s’était rendu compte de l’importance de cette ville peuplée à l’époque d’environ 40.000 habitants, le double de Garoua. Le Père Louis CHAUVAT qui se trouvait à Kousseri (Fort-Foureau en ce temps-là) fut désigné pour venir à Maroua. Il commença les premières installations au cours de l’année 1948. Le Père Dominique NOYE, arrivé en novemre 1948, fut désigné pour la Mission de Maroua. Il y avait vraiment tout à faire.

Le Père Paul CUISY a écrit son impression sur Maroua:

Cité assez agréable, mais faite d’éléments disparates, Maroua-ville est un fief musulman; mais il suffit de passer le lundi vers midi, sur la place du marché, pour constater que s’y coudoient quantité de «Kirdis »/ Guizigas ? Mofous, Massas, Moundangs, etc. Maroua est pourvue maintenant d’un terrain d’aviation, d’une aérogare, d’installations frigorifiques; le tout curieusement situé à 25 kilomètres de la ville. Celle-ci s’étire d’ailleurs sur 7 kilomètres. C’est sommairement une longue avenue, très ombragée, belle et engageante. Ses ressources sont beaucoup plus variées et sûres que celles de Garoua, grâce aux possibilités agricoles de la région, et à la richesse de ses troupeaux de bœufs dont la viande s’exporte jusque vers la côte où la mouche tsé-tsé interdit tout élevage. L’artisanat local y est florissant: on y travaille la peau de crocodile ou de varan et le cuivre.

Les démarches furent entreprises pour obtenir un terrain. La Mission se vit attribuer un terrain situé à l’une des extrémités de la ville. L’administration à cette époque était dirigée par Monsieur MATHEY, Chef de Région. Il fallut s’accommoder de cet emplacement éloigné. Là où elle fut contrainte de s’installer la Mission s’organisa. Ce quartier était appelé Djarengol. Avc les années, cette concession serait mise en valeur avec de nombreux bâtiments, l’église, les résidences des Pères et des Sœurs, les écoles primaires, un centre avec des ateliers de menuiserie et du cuir. Le jour viendrait où l’évêque de Maroua-Mokolo s’y établirait.

Chapelle ancienne Maroua
Première église catholique construite par les missionnaires Oblats de Marie Immaculée en 1948 à Maroua, grande ville d'extrême-Nord Cameroun.
Chapelle omi Maroua

Le développement de la Mission,
la construction de l’église de Maroua

Le Père Louis CHAUVAT avait déjà construit un premier bâtiment, des chambres, un magasin, une salle commune. Tout était simple et modeste. Le dimanche, le groupe des chrétiens se réunissait pour la messe. Il était urgent d’édifier un lieu de culte convenable pour répondre aux besoins. Il fallait trouver des moyens financiers pour ouvrir un chantier d’église. Les missionnaires présents mirent tout en œuvre pour trouver des ressources. L’on commença à préparer le chantier en apportant les matériaux nécessaires. Les Pères CHAUVAT et POULIQUEN se donnèrent beaucoup de peine pour aller chercher des pierres avec le camion dont fut dotée la  Mission à la fin de 1948. Que de journées de transports ils ont vécu pour amener les pierres, le sable et ensuite le ciment! Grâce au travail acharné de tous, aux ressources péniblement gagnées par le travail, l’église sortit de terrre et prit belle forme, en pierres apparentes. Elle était bien visible à l’entrée de la ville quand le voyageur arrivait de Garoua. En 1950, comme dans toutes Missions, une grande croix fut érigée devant l’église. La Mission catholique était présente à Maroua.

A Maroua même, les missionnaires rassemblent les premiers groupes de catholiques. Comme à Garoua, nous trouvons des chrétiens de la race des Ngambayes, venus du Tchad. Dans les services de l’administration, des chrétiens originaires des Missions du Sud sont assez nombreux; mais il s’agit d’atteindre ces masses païennes qui appartiennent aux ethnies très peuplées qui vivent dans les montagnes vers Mora et Mokolo et qui de plus en plus viennent sur Maroua pour y chercher du travail, pour faire du petit commerce. Ils sont aussi nombreux tous ceux qui viennent de la plaine, du Diamaré, Toupouris, Moundangs, Guizigas, Massas.

Ecole primaire saint Jean
Ecole primaire catholiqe, paroisse saint Jean, Maroua.
Ecole primaire Maroua

Pour atteindre tous ces gens, la Mission décide de fonder une école pour les enfants. Elle connaîtra rapidement un bon succès. De la ville, de nombreuses familles envoient les enfants à l’école de la Mission. L’école prendra une grande extension. C’est une lourde charge pour les missionnaires qui doivent construire cette école, choisir et former des maîtres dont l’exemple de vie chrétienne doit être déterminant. Il faudra attendre plusieurs années avant que n’arrivent les Sœurs: les Filles du Saint-Esprit de Saint-Brieuc qui donneront à l’école un nouvel élan et un développement considérable.

Les responsables de la Mission et de la Préfecture Apostolique estiment qu’il faut apprendre à des jeunes un métier: sur ce point, les Frères Coadjuteurs exercent une profonde influence sur le plan social et sur le plan chrétien.

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